Il y a le Chant du Vigneron. Et puis il y a celui des tonneliers. Le premier accompagne le raisin depuis la vigne — les voix des vendangeurs, les gestes de la taille, les silences de l’hiver. Le second se joue plus tard, dans la fraîcheur des caves, lorsque le vin est confié au bois. Ce chant-là est plus lent, plus discret. C’est celui du fût qui respire, du chêne qui libère peu à peu ses arômes, du vin qui se laisse transformer sans se dénaturer. Cette cuvée est un hommage à ce deuxième chant — celui du temps qui passe en cave et qui écrit, dans le silence, l’histoire d’un grand rouge. L’assemblage marie le Gamaret et le Gamay dans un dialogue subtil. Le Gamaret apporte la structure, la couleur profonde, les épices et la puissance tannique. Le Gamay lui répond par sa fraîcheur, son fruit rouge éclatant et sa souplesse. Ensemble, ils forment un vin d’équilibre — puissant sans être lourd, structuré sans être austère, gourmand sans être facile. C’est une combinaison qui n’a de sens que si elle est réfléchie, dosée et ajustée au fil des millésimes. Nous y travaillons chaque année. L’élevage en barrique est l’étape décisive. Après la fermentation, le vin est confié à des fûts de chêne français choisis avec soin. Il y passe plusieurs mois, pendant lesquels il gagne en complexité aromatique, en texture et en profondeur. Le bois n’est pas là pour marquer sa présence — il est là pour révéler ce que l’assemblage avait de latent. Chaque année, l’œnologue et le vigneron dégustent ensemble les futures cuvées, ajustent et corrigent. C’est un travail à quatre mains, comme une composition musicale que l’on affine avant la première. Le Chant des Tonneliers est un vin de patience et de partage. Il gagne à être ouvert quelques heures avant le service et servi en carafe, autour d’une belle table. C’est un rouge qui aime les longues soirées, les conversations qui s’étirent et les plats qui prennent leur temps.
À l’œil, la robe est rouge grenat profond aux reflets pourpres, dense et lumineuse. Une couleur qui trahit la puissance du Gamaret et l’éclat du Gamay. Au nez, l’ouverture est complexe et enveloppante. Les fruits noirs mûrs — mûre, cassis, cerise noire — dominent en attaque, suivis de notes plus élaborées de cacao amer, de tabac blond, de moka et d’épices douces, comme le clou de girofle et le poivre noir. Une touche florale de violette et de pivoine fanée apporte de la finesse à l’ensemble. En bouche, l’attaque est ample et veloutée. La matière est dense, mais jamais lourde, portée par des tanins à la fois fermes et soyeux. Le milieu de bouche est gourmand, avec une sensation de fruit noir mûr soutenue par le bois. La finale est très longue, sur des notes de cacao noir et de fruits cuits, avec une pointe minérale qui rappelle le calcaire du terroir. Un rouge de garde qui mérite d’être attendu.
Notre Chant des Tonneliers est un vin rouge de grande gastronomie : gigue de chevreuil aux morilles, filet de bœuf en croûte, onglet à l’échalote confite, daube provençale mijotée pendant trois heures, canard sauvage aux cerises ou plateau de fromages affinés à pâte dure — vieux Gruyère d’alpage, Sbrinz, Parmigiano Reggiano 36 mois. À servir en carafe, entre 16 et 18 °C.
Filet de boeuf en croûte feuilletée, duxelles de champignons sauvages et sauce périgueux à la truffe noire.
Gamaret, Gamay - Barrique
2024
Barrique de chêne
Vin rouge AOC Côtes de l'Orbe
70 cl
CHF 20.-