Un bon rosé, c’est un art de la retenue.
On croit toujours qu’un rosé est facile. Que c’est un vin d’été, léger, sans prétention. Mais c’est justement cette apparente simplicité qui rend sa fabrication si exigeante. Il faut savoir exactement quand cueillir. Ni trop tôt, pour éviter la maigreur, ni trop tard, pour préserver la fraîcheur. Il faut savoir presser doucement, brièvement, extraire juste ce qu’il faut de couleur, de fruit et d’aromatique. Il faut avoir la main délicate à chaque étape. Sinon, on obtient un rosé qui parle trop fort, et un rosé qui parle trop fort n’a plus rien d’un rosé.
Le nôtre est issu de Gamay pur. Un cépage qui, en rosé, révèle sa facette la plus tendre : la fraîcheur du fruit rouge sans le tanin, la générosité sans le poids. C’est un Gamay qui s’est allégé, qui a revêtu ses habits d’été. Les raisins sont vendangés à la fraîche, pressés dès leur arrivée en cave, puis vinifiés en cuve inox à basse température afin de préserver toute leur expression aromatique.
Ce que nous cherchons dans ce rosé, c’est un souvenir d’été. Une terrasse qui prolonge la journée. Un repas partagé qui glisse dans la soirée. La lumière de six heures sur les coteaux de la vigne. Une conversation que l’on n’a pas envie de terminer.
C’est un vin de l’instant. Il ne cherche pas à durer, il cherche à être là.