Il y a des cépages qui parlent fort. Le Chasselas n’est pas de ceux-là. Le Chasselas écoute. Il attend. Il regarde passer les nuages sur les coteaux, les brumes qui remontent depuis la plaine de l’Orbe au petit matin, la lumière qui change entre juin et septembre. Il ne cherche pas à imposer un caractère — il préfère être le miroir fidèle de ce que la terre lui souffle. C’est pour ça que, depuis des générations, il est devenu le compagnon silencieux du paysage vaudois : parce qu’il sait se taire et laisser le terroir parler à sa place. À la Maison Rose, notre Chasselas pousse sur des sols calcaires façonnés par des millénaires de dépôts. Chaque pierre du sous-sol garde en elle la mémoire du Jura ancien, des mers disparues, des glaciers qui ont sculpté ces coteaux. Quand la vigne plonge ses racines dans cette matière, elle en ressort quelque chose d’inimitable : une minéralité douce, une fraîcheur presque cristalline, une lumière retenue. Nous cultivons ces vignes en agriculture biologique, sans pesticides, sans engrais de synthèse, avec le souci constant de préserver la vie du sol. Nos vendanges se font à la main, grappe par grappe, dans le silence attentif du mois de septembre. Puis vient l’attente : la fermentation lente, l’élevage sur lies fines, les mois où le vin se cherche et se trouve. Ce que vous goûterez dans le verre, c’est tout cela à la fois. Un fragment de calcaire vaudois. Une lumière de septembre. Le silence d’un vignoble qui prend son temps. Et cette voix discrète du Chasselas — celle qui, une fois entendue, ne s’oublie plus.
À l’œil, la robe est jaune pâle, presque translucide, avec des reflets verts qui rappellent les feuilles de vigne en fin d’été. Au nez, l’ouverture est délicate. On y trouve d’abord les fleurs blanches — l’acacia, le chèvrefeuille — puis les fruits blancs mûrs, la poire et un souffle d’amande fraîche. Avec le temps dans le verre, une note plus minérale s’installe : celle de la pierre à fusil, du silex mouillé par la pluie. En bouche, l’attaque est vive, presque saline. Le vin s’installe doucement, sans jamais forcer, avec cette texture fine et cette longueur discrète qui caractérisent les grands Chasselas vaudois. La finale est lumineuse, sur la pierre chauffée par le soleil de fin d’après-midi.
Notre Chasselas accompagne naturellement les grands classiques de la table vaudoise : filets de perche du lac meunière, fondue moitié-moitié, tomme vaudoise fraîche, malakoffs ou encore truite fumée du Jura. Il excelle également avec les asperges blanches du printemps et les jeunes fromages à pâte pressée. Il se déguste aussi tout simplement à l’apéritif, servi bien frais avec quelques gressins et un peu de Gruyère AOP.
Filets de féra du lac au beurre citronné, herbes fraîches du jardin et pommes grenailles vapeur.
Chasselas
2025
Cuve inox, sur lies fines
Vin blanc AOC Côtes de l'Orbe
70 cl
CHF 13.-