Il y a le Chant du Vigneron. Et puis il y a celui des tonneliers. Le premier accompagne le raisin depuis la vigne,les voix des vendangeurs, les gestes de la taille, les silences de l’hiver. Le second se joue plus tard, dans la fraîcheur des caves, lorsque le vin est confié au bois.
Ce chant-là est plus lent, plus discret. C’est celui du fût qui respire, du chêne qui libère peu à peu ses arômes, du vin qui se laisse transformer sans se dénaturer. Cette cuvée est un hommage à ce deuxième chant, celui du temps qui passe en cave et qui écrit, dans le silence, l’histoire d’un grand rouge.
L’assemblage marie le Gamaret et le Gamay dans un dialogue subtil. Le Gamaret apporte la structure, la couleur profonde, les épices et la puissance tannique. Le Gamay lui répond par sa fraîcheur, son fruit rouge éclatant et sa souplesse. Ensemble, ils forment un vin d’équilibre, puissant sans être lourd, structuré sans être austère, gourmand sans être facile. C’est une combinaison qui n’a de sens que si elle est réfléchie, dosée et ajustée au fil des millésimes. Nous y travaillons chaque année.
L’élevage en barrique est l’étape décisive. Après la fermentation, le vin est confié à des fûts de chêne français choisis avec soin. Il y passe plusieurs mois, pendant lesquels il gagne en complexité aromatique, en texture et en profondeur. Le bois n’est pas là pour marquer sa présence.Il est là pour révéler ce que l’assemblage avait de latent.
Chaque année, l’œnologue et le vigneron dégustent ensemble les futures cuvées, ajustent et corrigent. C’est un travail à quatre mains, comme une composition musicale que l’on affine avant la première.
Le Chant des Tonneliers est un vin de patience et de partage. Il gagne à être ouvert quelques heures avant le service et servi en carafe, autour d’une belle table.
C’est un rouge qui aime les longues soirées, les conversations qui s’étirent et les plats qui prennent leur temps.