Le Chasselas est un cépage qui murmure. Mis en fût, il se met à respirer.
Cette cuvée est née d’un pari : celui de faire du Chasselas, le plus vaudois des cépages, le plus discret, le plus attaché à la fraîcheur cristalline de l’inox, un vin de matière. Un vin de gastronomie. Un vin de garde. Là où notre Chasselas classique chante en clair, celui-ci parle plus grave, plus profond, presque à voix basse.
Le bois n’a pas pour vocation d’écraser ce cépage fragile. Il l’accompagne. Nous choisissons des fûts d’un usage déjà éprouvé, afin que le chêne ne prenne jamais le dessus sur la voix originelle du Chasselas. Pendant plusieurs mois, le vin repose, se lie à ses lies et gagne une texture presque cireuse. Il s’enrichit sans se dénaturer.
Le terroir, lui, ne change pas. Ce sont toujours les mêmes sols calcaires des Côtes de l’Orbe, la même exposition, le même travail manuel dans les vignes. Mais quelque chose s’ajoute : le temps.
Le temps de la cave, celui de la patience, celui qui transforme la vivacité d’un jeune Chasselas en une profondeur plus contemplative.
Ce vin ne se boit pas pressé. Il demande une carafe, un verre large, un plat qui l’attend. Il s’ouvre à ceux qui savent lui donner quelques minutes et récompense cette attente avec une matière que peu de Chasselas atteignent.